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Impôts, écologie et justice sociale : les 16 mesures clés d’Oxfam pour la France

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  • Oxfam France dévoile un plan fiscal de 16 mesures pour générer plus de 100 milliards d’euros, sans alourdir les impôts des 70% de Français les plus modestes.
  • Alors que le gouvernement de Michel Barnier envisage des hausses d’impôts ciblées, Oxfam France propose des solutions fiscales qui épargnent les classes populaires et répondent aux enjeux écologiques.

Ce jeudi 26 septembre, Oxfam France a publié un plan fiscal visant à augmenter les recettes de l’État de plus de 100 milliards d’euros, tout en épargnant les 70% des Français les plus modestes. Ces propositions arrivent alors que le gouvernement de Michel Barnier, récemment nommé, envisage des hausses d’impôts ciblées pour redresser des finances publiques en péril.

Un manifeste pour une fiscalité plus juste

Oxfam assure que ses 16 mesures peuvent générer plus de 100 milliards d’euros sans augmenter la contribution des Français gagnant moins de 2 500 euros nets par mois. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de déficit budgétaire préoccupant, qui pourrait dépasser les 6% du PIB cette année, bien au-delà des attentes de Bruxelles.

Fiscalité écologique et « ISF climatique »

L’une des propositions phares d’Oxfam concerne la réintroduction de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF), couplé à une « surtaxe carbone » sur les actifs les plus polluants détenus par les multimillionnaires et milliardaires. Baptisé « ISF climatique », cet impôt viserait à faire contribuer les plus riches à l’effort écologique tout en générant 50 milliards d’euros de recettes.

Dans la même logique, l’ONG appelle à supprimer les niches fiscales jugées « climaticides », comme celle sur le kérosène, pour décourager des pratiques néfastes pour l’environnement.

Taxer les superprofits et réformer la fiscalité du capital

Oxfam s’attaque également aux superprofits, définis comme des bénéfices exceptionnels réalisés par les entreprises en exploitant des crises, plutôt que par des innovations ou des gains de productivité. Une taxation de ces profits, souvent réalisée dans des secteurs tels que l’énergie ou la grande distribution, pourrait rapporter des milliards à l’État.

L’ONG propose aussi une refonte de la fiscalité du capital, qui pourrait générer 23,5 milliards d’euros supplémentaires. Cette mesure viserait à taxer davantage les plus gros patrimoines et les revenus financiers, souvent considérés comme sous-imposés par rapport aux revenus du travail.

Des recettes fléchées vers des priorités sociales et écologiques

Les recettes fiscales supplémentaires, estimées à plus de 100 milliards d’euros, seraient en partie allouées à des projets d’intérêt public. Oxfam propose de consacrer 21 milliards d’euros par an à la rénovation énergétique des logements (« passoires thermiques »), un enjeu majeur de la transition écologique. 14 milliards seraient dédiés à la revalorisation du RSA et à son extension à de nouveaux bénéficiaires, tandis que 7 milliards iraient au financement de l’hôpital public.

Vers une fiscalité verte avec la « taxe grands voyageurs »

Dans un autre registre, le Réseau Action Climat (RAC) a présenté une proposition complémentaire : une « taxe grands voyageurs ». Cette taxe viserait à pénaliser les voyageurs fréquents en avion, majoritairement issus des catégories les plus aisées. Selon le RAC, la réduction du trafic aérien est essentielle pour atteindre les objectifs climatiques de la France, alors que les émissions de CO2 liées à l’aviation représentaient 7% des émissions nationales en 2019.

Cette taxe fonctionnerait à l’inverse des programmes de fidélité des compagnies aériennes : plus un passager prend l’avion, plus le prix unitaire de son billet augmenterait. Pour Alexis Chailloux, coordinateur du rapport du RAC, il est « incompréhensible de ne pas se servir de cet outil fiscal » alors que le gouvernement prône la justice fiscale.

Un débat nécessaire sur la justice fiscale

Les propositions d’Oxfam et du Réseau Action Climat soulèvent une question essentielle : comment concilier justice fiscale et redressement des finances publiques dans un contexte de crise économique et écologique ? Alors que le gouvernement privilégie une réduction des dépenses, la pression monte pour imposer davantage ceux qui profitent des crises ou contribuent fortement aux émissions polluantes.

Le débat reste ouvert, mais il est clair que la question de la fiscalité sera au cœur des discussions dans les mois à venir, avec comme toile de fond le besoin pressant de combler un déficit public record tout en répondant aux enjeux climatiques et sociaux.

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