Les 16 pays européens participant à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) ont exprimé leur volonté d’exercer une pression diplomatique maximale sur Israël. Leur objectif : éviter toute escalade dans le sud du Liban, où les tensions sont vives après une frappe israélienne meurtrière à Nabatiyeh. À l’issue d’une visioconférence des ministres de la Défense, le gouvernement italien a publié un communiqué affirmant l’urgence d’une intervention diplomatique pour prévenir de nouveaux incidents dans la région.
Appel à la diplomatie pour éviter l’escalade
Les ministres de la Défense des pays de l’Union européenne impliqués dans la Finul se sont réunis virtuellement pour discuter des récents événements au Liban et des actions à entreprendre pour préserver la stabilité. Lors de cette réunion, une position claire s’est dégagée : il faut intensifier la pression politique et diplomatique sur Israël pour limiter les risques de nouveaux affrontements.
« La priorité est d’éviter de nouveaux incidents dans cette région déjà instable », fait sa voir un communiqué du ministère italien de la Défense. Cette déclaration fait écho aux inquiétudes croissantes des gouvernements européens face à la multiplication des violences dans le sud du Liban, une zone sous forte influence du Hezbollah.
« Nous resterons engagés dans la Finul, qui joue un rôle clé dans le cadre du mandat qui lui est confié par le Conseil de sécurité des Nations unies en tant que force d’observation impartiale », précise le ministère français des Armées dans un communiqué à l’issue de la conférence.
Nabatiyeh : un bilan humain tragique
Mercredi, Nabatiyeh, une ville de 75 000 habitants dans le sud du Liban, a été la cible d’une frappe israélienne qui a fait plusieurs victimes, dont le maire de la ville. La gouverneure de la région a qualifié cet événement de « massacre », soulignant l’horreur de l’attaque qui a touché des civils.
Plus tôt dans la journée, une série de frappes avaient déjà secoué la ville et ses environs, bastion du Hezbollah. Selon les autorités locales, la réunion du Conseil municipal, qui s’était réunie pour discuter de la situation humanitaire et des services publics de la ville, a été directement visée.
Le Premier ministre libanais, Najib Mikati, a rapidement réagi à cette attaque, dénonçant une frappe « délibérée » d’Israël contre « des civils innocents ». Il a vivement condamné l’agression, affirmant que la réunion du Conseil municipal ciblée était en train de débattre des moyens d’améliorer la situation humanitaire dans une ville déjà durement éprouvée par le conflit.
« Cette attaque s’inscrit dans une série d’agressions israéliennes contre le Liban et viole le droit international », a ajouté Mikati dans un communiqué.
L’ONU demande la protection des civils
Face à cette montée de violence, la coordinatrice spéciale de l’ONU pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, a lancé un appel pressant à la protection des civils. « Les civils et les infrastructures civiles doivent être protégés à tout prix », a-t-elle déclaré, rappelant que les frappes israéliennes contre des cibles civiles constituent une violation flagrante du droit humanitaire international.
« Les récentes frappes contre Nabatiyeh et d’autres incidents similaires dans le pays sont absolument inacceptables. Il est impératif que les parties respectent les lois internationales et humanitaires pour éviter des pertes humaines supplémentaires », a-t-elle souligné dans un communiqué officiel.
