Ce dimanche, les électeurs allemands sont appelés aux urnes pour renouveler les 630 députés du Bundestag. Un vote anticipé de sept mois, conséquence de l’implosion de la coalition « feu tricolore » en novembre dernier, qui pourrait rebattre les cartes du paysage politique.
L’immigration et la sécurité ont dominé une campagne électorale marquée par les interventions de figures internationales comme Donald Trump, J.D. Vance et Elon Musk.
Une coalition affaiblie, une droite en embuscade
Le gouvernement sortant, composé du SPD d’Olaf Scholz, des Verts et du FDP libéral, a perdu du terrain, affaibli par la guerre en Ukraine et une conjoncture économique morose. L’Allemagne enregistre une contraction de son économie pour la seconde année consécutive, plombée par la hausse des coûts de l’énergie et la crise de son industrie automobile.
Dans ce contexte, la CDU de centre-droit et son allié bavarois, la CSU, se positionnent en favoris. Leur leader, Friedrich Merz, partisan d’une ligne dure sur l’immigration, promet une réforme de l’armée et des baisses d’impôts.
L’AfD en progression, la gauche éclatée
L’Alternative pour l’Allemagne (AfD), parti d’extrême droite, se rapproche d’un résultat historique. Sa candidate à la chancellerie, Alice Weidel, bénéficie du soutien remarqué d’Elon Musk et de J.D. Vance, qui dénoncent la politique allemande de mise à l’écart de l’extrême droite.
À gauche, le paysage est fragmenté. Si le SPD tente de sauver les meubles, die Linke et le nouveau BSW (Alliance Sahra Wagenknecht) jouent leur survie, risquant de ne pas franchir le seuil des 5 % requis pour siéger au Parlement.
Une coalition à inventer
Les sondages rendent improbable une reconduction de l’actuelle coalition tripartite. La CDU/CSU, probable vainqueur du scrutin, pourrait gouverner avec un seul partenaire, soit les Verts, soit le SPD. Mais Friedrich Merz, qui avait flirté avec l’AfD en soutenant une motion parlementaire sur l’immigration, doit encore clarifier sa position.
Dans un contexte de turbulences économiques et diplomatiques, ce scrutin crucial décidera de l’orientation future de la première puissance européenne. Verdict dans les urnes.
