- Dans une démarche coordonnée visant à réguler le marché pétrolier mondial, huit pays membres de l’OPEP+ ont convenu d’une nouvelle hausse progressive de leur production à partir de juin 2025.
- Cette décision, qui s’inscrit dans une stratégie énergétique souple et concertée, confirme la volonté du groupe de jouer un rôle central dans la stabilisation de l’offre et de la demande mondiales.
Réunis hier en visioconférence, les ministres de l’Énergie de huit pays membres de l’OPEP+ ont décidé d’augmenter leur production de pétrole brut de 411 000 barils par jour dès le mois de juin 2025. Cette nouvelle mesure intervient alors que les fondamentaux du marché montrent des signes de reprise, notamment avec une demande mondiale attendue à la hausse au troisième trimestre de l’année.
Parmi les pays participants figurent l’Algérie, l’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Kazakhstan et le Sultanat d’Oman. Ces huit États sont engagés, depuis avril 2023, dans une politique d’ajustements volontaires de leur production, destinée à absorber les fluctuations du marché mondial.
Une régulation proactive dans un contexte instable
La décision prise lors de cette réunion s’inscrit dans la continuité des orientations actées lors des rencontres de décembre 2024 et mars 2025. Elle illustre la volonté des pays de l’OPEP+ d’exercer un pilotage fin de leur politique énergétique, en fonction des conditions de marché.
Pour Mohamed Arkab, ministre algérien de l’Énergie, cette dynamique est essentielle. « Il est impératif pour les producteurs de préserver un équilibre durable sur le marché, sans compromettre ni la stabilité des prix ni les intérêts de long terme », a t-il affirmé.
L’Algérie bénéficiera d’une hausse de 9 000 barils par jour dans le cadre de cette décision, reflétant sa participation active à cette coordination énergétique régionale.
Un retour graduel mais réversible à des niveaux de production plus élevés
Le communiqué officiel de l’OPEP précise que l’augmentation de 411 000 barils par jour constitue une troisième étape dans le processus de retour progressif des ajustements volontaires, initialement décidés pour un total de 2,2 millions de barils/jour à partir d’avril 2025.
Cette approche, qualifiée de « flexible », permet au groupe d’ajuster ou de suspendre les hausses en fonction des évolutions du marché mondial. Cette souplesse est perçue comme un levier stratégique majeur face aux incertitudes géopolitiques et économiques qui pèsent sur les prix du brut.
Discipline collective et souveraineté nationale
Les huit pays ont également réitéré leur engagement à respecter pleinement la Déclaration de coopération. Celle-ci encadre non seulement les niveaux de production mais aussi le mécanisme de compensation en cas de surproduction, en vigueur depuis janvier 2024. Chaque État s’engage ainsi à réguler ses excès de production pour préserver la cohérence du groupe.
Le Comité ministériel conjoint de suivi (JMMC) continuera de superviser cette conformité lors de ses réunions mensuelles. La prochaine, prévue le 1er juin 2025, devra notamment statuer sur les volumes de production pour juillet.
Une stratégie face à la volatilité des marchés
Malgré cette coordination, le marché reste sous pression. Les récentes hausses de production, conjuguées à des tensions commerciales, ont provoqué une chute temporaire du prix du baril sous les 60 dollars, atteignant même 61,29 dollars vendredi dernier — son niveau le plus bas en quatre ans.
Cette baisse souligne la fragilité du marché et conforte l’OPEP+ dans sa stratégie : garder une main ferme sur les volumes tout en conservant une marge de manœuvre pour répondre aux chocs externes.
