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Algérie : nouvel appel d’offres pétrolier et gazier en 2025 pour stimuler la production et les exportations

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  • L’Algérie s’apprête à lancer un nouvel appel d’offres international dans les hydrocarbures le 17 juin 2025, dans le cadre de l’Algeria Bid Round 2024.
  • L’objectif : accroître la production nationale de gaz à 200 milliards de m³, attirer des investisseurs mondiaux et renforcer les exportations, notamment vers l’Afrique.
  • Sonatrach a déjà signé des mémorandums d’entente avec Chevron, ExxonMobil, Sinopec et Midad Energy North Africa, tandis qu’un programme de réforme du recyclage des huiles et de développement de la pétrochimie est en cours.

L’Algérie poursuit son offensive dans le secteur énergétique. Le président de l’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH), Rachid Nadil, a annoncé le lancement d’un nouvel appel d’offres international dans le domaine des hydrocarbures, programmé pour le 17 juin 2025. Cette initiative, portée par l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT), vise à stimuler la production nationale et à attirer des investissements étrangers.

« Cet appel d’offres attirera de nombreux investisseurs, notamment des Américains, des Chinois, des Russes, des Saoudiens, et bien d’autres, » a déclaré Rachid Nadil dans une interview accordée à la radio nationale Chaîne II.

L’objectif est ambitieux : augmenter la production de gaz à 200 milliards de m³ d’ici cinq ans, contre 137 milliards m³ actuellement. Une stratégie qui répond à la fois à une demande locale accrue – notamment avec le lancement de nombreuses nouvelles usines et un programme ambitieux de construction de logements – et à la volonté de renforcer les exportations, dans le sillage des ambitions de Sonatrach, qui vise 100 milliards m³/an.

Le processus, baptisé « Algeria Bid Round 2024 », concerne six zones d’exploration : El M’zaïd El Kébir, Ahara, Reggane, Zerafa, Toual et Guern El Guessa. Le délai de dépôt des offres, initialement prévu au 15 avril, a été repoussé au 17 juin 2025.

Dans un communiqué, ALNAFT a précisé que ce report vise à « accorder aux compagnies pétrolières un délai supplémentaire pour examiner les données », mais aussi à « permettre la participation des entreprises ayant manifesté tardivement leur intérêt, promouvoir davantage l’appel à concurrence, et attirer de nouveaux candidats ».

 Pour concrétiser cette stratégie, l’Algérie a déjà signé des mémorandums d’entente avec des géants mondiaux tels que Chevron, ExxonMobil, Midad Energy North Africa (Arabie saoudite) et Sinopec (Chine), conformément à la nouvelle loi sur les hydrocarbures n°19-13.

« Il y a un élément important dans cet appel d’offres : des compagnies étrangères viendront investir en Algérie. L’ARH les accompagnera en facilitant leurs procédures d’investissement », a souligné M. Nadil.

Dans cette perspective, trois antennes régionales de l’ARH seront prochainement créées à Skikda, Hassi Messaoud et Arzew, « pour optimiser la gestion sur site et renforcer l’efficacité administrative ».

La Pétrochimie, nouvel axe de développement

Le secteur de la pétrochimie est également au cœur des priorités. « Il est dans notre intérêt de créer davantage de projets dans la pétrochimie », a insisté M. Nadil, évoquant six à sept projets en cours. Cette dynamique permettra non seulement de valoriser les ressources nationales, mais aussi de conquérir des parts de marché en Afrique.

Les chiffres témoignent de la bonne santé du secteur : en 2024, la consommation de produits pétroliers a atteint environ 15 millions de tonnes, dont 11 millions de tonnes de gasoil, sans importations depuis quatre ans.

La consommation d’essence oscille entre 3,4 et 3,5 millions de tonnes, alors que la production locale est capable d’en générer 4 millions. Pour le gaz butane et propane, la consommation atteint 1,1 million de tonnes, et le Sirgaz, carburant automobile, affiche 2 millions de tonnes, un bond spectaculaire par rapport aux années 1980.

 « Nous nous orientons aujourd’hui vers le marché africain. L’exportation concerne essentiellement les huiles et les excédents de certaines ressources », a ajouté le président de l’ARH.

Vers un nouveau cadre législatif

Enfin, le pays s’apprête à moderniser sa législation, notamment dans le domaine du recyclage des huiles usagées. « Actuellement considérée comme une activité de la pétrochimie relevant de Sonatrach, cette activité fera bientôt l’objet d’une loi distincte, actuellement à l’étude au Secrétariat général du gouvernement », a expliqué M. Nadil. Cette loi ouvrira la voie à la création d’usines spécialisées, combinant opportunités économiques et protection de l’environnement.

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