- Quelques jours après avoir accusé Lip-Bu Tan, PDG d’Intel, de conflit d’intérêts lié à la Chine, Donald Trump a salué son « incroyable succès » à l’issue d’une rencontre jugée « très intéressante ».
- Ce revirement s’inscrit dans un contexte de rivalité technologique intense entre Washington et Pékin.
C’est un retournement de situation inattendu. Le président américain Donald Trump a annoncé lundi avoir eu une rencontre « très intéressante » avec Lip-Bu Tan, directeur général d’Intel, quelques jours seulement après avoir réclamé sa démission pour « grave conflit d’intérêts ».
D’un appel à la démission à des éloges publics
Le 11 août, Donald Trump a indiqué sur sa plateforme Truth Social : « J’ai rencontré M. Lip-Bu Tan, avec le ministre du Commerce Howard Lutnick et le ministre des Finances Scott Bessent. La rencontre a été très intéressante. »
Le chef de l’État a également salué « l’incroyable succès » et « l’ascension » du dirigeant d’Intel. Une tonalité bien différente de celle du 7 août, lorsqu’il affirmait que le PDG devait « démissionner immédiatement » en raison d’un « grave conflit d’intérêts ».
Cet appel faisait suite à des accusations du sénateur républicain Tom Cotton, qui reprochait à Lip-Bu Tan de rester impliqué dans des entreprises « ayant des liens avec le Parti communiste chinois et l’Armée de libération du peuple », selon un courrier adressé au président du conseil d’administration d’Intel, Frank Yeary.
Le contexte : guerre commerciale et bataille technologique
Cette rencontre intervient alors que les relations entre Washington et Pékin sont particulièrement tendues. Les deux puissances s’affrontent dans une guerre commerciale et dans la course à l’intelligence artificielle (IA), un domaine où les semi-conducteurs de pointe jouent un rôle stratégique.
Si la conception des puces les plus avancées est dominée par les États-Unis, leur production reste concentrée en Asie. Intel tente actuellement de combler son retard face à Nvidia, leader du marché dans l’IA.
Lip-Bu Tan défend son intégrité
Âgé de 65 ans et Américain d’origine malaisienne, Lip-Bu Tan a pris les rênes d’Intel en mars dernier. Dans un message interne rendu public le 7 août, il a rejeté toute accusation de collusion avec la Chine :
« Je veux être absolument clair : en plus de 40 ans dans le secteur, j’ai noué des relations dans le monde entier et (…) j’ai toujours travaillé dans le respect des normes juridiques et éthiques les plus strictes. »
Il a ajouté partager « pleinement l’engagement du président à promouvoir la sécurité nationale et économique des États-Unis », affirmant son « amour » pour l’Amérique et pour Intel.
Vers un rapprochement stratégique
Donald Trump a précisé lundi que « M. Tan et les membres de [son] Cabinet vont passer du temps ensemble et [lui] faire des suggestions la semaine prochaine ».
De son côté, Intel a évoqué « un échange franc et constructif » au sujet de l’engagement de l’entreprise « à renforcer le leadership technologique et industriel des États-Unis ».
Le groupe a également déclaré : « Nous saluons le leadership affirmé du président pour faire progresser ces priorités essentielles et nous nous réjouissons de travailler en étroite collaboration avec lui et son administration. »
