- Le ministre de l’Économie, Eric Lombard, a présenté devant le Medef les grandes lignes du budget 2026.
- Objectif : ramener le déficit à 4,6 %. Pas de retour de l’ISF, mais des mesures d’austérité avec gel des salaires des fonctionnaires et absence d’indexation des retraites.
Réunis à la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF) organisée par le Medef, les grands patrons ont entendu, jeudi, un discours à la fois ferme et rassurant de la part du ministre de l’Économie et des Finances, Eric Lombard. Devant un auditoire attentif, le patron de Bercy a défendu les grandes lignes du futur budget 2026, qui sera présenté au Parlement en octobre.
« Le budget est quasiment prêt », a-t-il déclaré d’emblée, en précisant que l’objectif restait de ramener le déficit public à 4,6 % du PIB. Mais il a aussitôt reconnu que ce budget serait « difficile pour les Français ».
L’ISF définitivement écarté
L’un des points sensibles a rapidement été abordé : le possible retour de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Eric Lombard a voulu lever toute ambiguïté : « L’ISF est complètement écarté », a-t-il tranché.
Toutefois, le ministre n’a pas exclu que des « discussions » puissent s’ouvrir sur le partage de l’effort fiscal, mais uniquement « dans les limites de ce qui est raisonnable ».
Une réponse qui faisait écho à l’avertissement lancé la veille par Patrick Martin, président du Medef, qui avait clairement rejeté l’idée d’un impôt sur la fortune bis : « Nous devons renforcer l’investissement, pas l’entraver », avait-il martelé.
« Un budget difficile pour les Français »
S’il a tenu à rassurer les entreprises, Eric Lombard n’a pas caché les sacrifices qui attendent les ménages. « Nous allons geler un certain nombre de prestations comme les rémunérations des fonctionnaires, nous n’allons pas indexer les retraites », a-t-il reconnu.
Un discours austère, mais que le ministre justifie par la nécessité de contenir la dépense publique et d’envoyer un signal fort aux marchés financiers.
« Je ne crois pas à la crise »
Malgré ce ton sévère, le ministre de l’Économie s’est voulu optimiste sur la trajectoire économique du pays. « Je ne crois pas à la crise », a-t-il affirmé. « Le pays est riche, il se développe et il est tenu et géré. Pour appuyer son propos, il a mis en avant la croissance française de 0,3 % au deuxième trimestre, « soit trois fois plus que la moyenne européenne ».
Néanmoins, il a reconnu que l’environnement restait fragile : « Simplement, ces incertitudes que tout le monde voit se traduisent par une augmentation du coût de financement de la dette. »
Mais il s’est dit convaincu que la situation pouvait s’améliorer : « Il est important de lever le plus vite possible ces incertitudes et je suis convaincu qu’à ce moment, l’écart de taux d’intérêt avec l’Allemagne va diminuer comme il a diminué quand nous avons été nommés à la fin de l’année dernière. »
30 milliards de dépenses supplémentaires
En conclusion, Eric Lombard a replacé le débat dans l’ordre de grandeur des finances publiques. « Les dépenses publiques de notre pays représentent 1.700 milliards d’euros, 57 % du PIB », a-t-il rappelé. Et d’ajouter : « Cela représente 30 milliards de plus pour le budget que nous proposons pour 2026. »
Ces 30 milliards supplémentaires seront absorbés en grande partie par « un effort de défense, l’augmentation du coût de la dette, la contribution à l’Union européenne ».
Enfin, il a insisté sur l’effort collectif demandé aux Français : « L’effort budgétaire représente 44 milliards d’euros. Mais il faut garder en tête que c’est un effort proportionné à la taille et à la richesse du pays. »
Avec ce discours, le ministre a cherché à maintenir un équilibre entre rigueur et confiance, en écartant le spectre de l’ISF et en assumant un budget contraint. Reste à voir comment ces annonces seront accueillies par le Parlement… et par les Français.
