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samedi, mars 21, 2026
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Russie : l’UE renforce ses sanctions économiques, Washington promet un durcissement majeur

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  • Deux ans et demi après le début de l’invasion de l’Ukraine, l’Union européenne durcit encore le ton contre Moscou.
  • À Bruxelles, les Vingt-Sept s’entendent sur un 19 paquet de sanctions plus large et plus structurant, pendant qu’à Washington le Trésor annonce un tour de vis inédit

   Pour la première fois, l’UE vise les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe, multiplie les mesures contre la « flotte fantôme » de pétroliers et serre l’étau financier sur banques, plateformes crypto et entités accusées de contournement. De son côté, le ministre américain des Finances, Scott Bessent, promet « un renforcement majeur des sanctions », à la suite d’une nuit d’attaques russes en Ukraine.

Un 19 paquet européen qui cible l’énergie et les contournements

À Bruxelles, les ambassadeurs des Vingt-Sept ont trouvé un accord sur le 19ᵉ paquet de sanctions depuis février 2022. Texte phare: l’interdiction totale des importations de GNL russe à compter du 1er janvier 2027. Cette échéance permettra aux pays encore approvisionnés — Belgique, France, Pays-Bas, Espagne, Portugal — d’invoquer la force majeure pour rompre des contrats de long terme, au risque d’ouvrir des contentieux de plusieurs milliards d’euros.

Le volet maritime est significativement renforcé : 117 navires supplémentaires soupçonnés d’appartenir à la « flotte fantôme » sont placés sur liste noire, portant le total à 558. Parallèlement, toute transaction avec Rosneft et Gazprom Neft est prohibée, afin d’assécher les revenus énergétiques du Kremlin.

Tours de vis financiers et crypto, plus contrôle diplomatique

Côté finance, le paquet vise plusieurs banques russes, des systèmes de paiement, des zones économiques spéciales ainsi que des plateformes de crypto-monnaie. Quarante-cinq entités soupçonnées de faciliter le contournement sont ajoutées, dont douze en Chine et à Hong Kong.

Sur le terrain diplomatique, un mécanisme inédit permet aux capitales de limiter les déplacements intra-Schengen des diplomates russes : les membres des missions — y compris personnels administratif et technique et familles — devront notifier au moins 24 heures à l’avance tout transit vers un autre État membre, en précisant le moyen de transport, la date et le point d’entrée/sortie. L’État d’accueil pourra autoriser ou refuser le passage.

Adoption attendue : le paquet doit être formellement entériné jeudi, après la levée du veto du Premier ministre slovaque Robert Fico, qui conditionnait jusque-là son accord à des demandes liées aux prix de l’énergie et à l’avenir de l’automobile.

Washington hausse le ton : « un renforcement majeur des sanctions »

Les États-Unis ont également durci leur position. Le ministre des Finances, Scott Bessent, a annoncé qu’un « renforcement majeur des sanctions à l’encontre de la Russie » serait dévoilé soit en fin de journée après la clôture de Wall Street, soit demain matin.

Ces annonces interviennent après une nouvelle nuit d’attaques à travers l’Ukraine — plus de 400 drones et une trentaine de missiles, au moins six morts — et s’accompagnent de mesures contre les géants pétroliers Rosneft et Lukoil.

Motif invoqué : « L’absence de volonté sérieuse de la Russie de s’engager dans un processus de paix afin de mettre fin à la guerre en Ukraine », a expliqué Scott Bessent, assurant que son ministère était « prêt à aller plus loin si cela s’avérait nécessaire » et invitant les alliés des États-Unis « à se joindre à [ces] sanctions ».

La rencontre Trump–Poutine annulée

Le durcissement américain s’inscrit dans un contexte diplomatique crispé. La Maison Blanche a annulé sine die une rencontre prévue à Budapest entre le président américain Donald Trump et son homologue Vladimir Poutine, après avoir constaté que la position maximaliste de la Russie restait inchangée.

Conséquence, l’administration Trump impose pour la première fois des sanctions aux grands groupes énergétiques russes, en invoquant « le manque d’engagement sérieux de Moscou dans un processus de paix visant à mettre fin à la guerre ».

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