- Les négociateurs chinois et américains ont repris langue à Kuala Lumpur, à trois jours d’un tête-à-tête décisif entre Xi Jinping et Donald Trump.
- Le ton est optimiste : un cadre d’accord mêlant terres rares et achats agricoles commence à émerger.
Éviter l’échec d’un face-à-face au retentissement mondial : c’est l’objectif affiché des discussions menées en Malaisie.Washington évoque l’absence d’« augmentation massive des droits de douane » en échange d’engagements de Pékin sur les terres rares et d’achats « significatifs » de soja américain.
Un “terrain d’entente” avant le sommet
Au sortir d’une réunion entre délégations, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, salue sur ABC et NBC une « discussion constructive », évoquant un début d’accord sur les terres rares et les volumes de soja. Bessent met en avant la dimension stratégique du calendrier, à l’heure où les deux capitales s’efforcent de stabiliser leur relation commerciale avant le sommet.
« C’est la cinquième fois que le vice-Premier ministre He Lifeng et moi nous rencontrons, avec beaucoup de respect », confie-t-il.
« La différence cette fois-ci, c’est que nous préparons une rencontre entre nos deux dirigeants, et nous voulions leur fournir le cadre d’une rencontre réussie jeudi prochain en Corée. Je pense que ce sera le cas. »– Scott Bessent
Le secrétaire américain au Trésor insiste sur la portée élargie des discussions, qui ne se limitent plus aux tarifs douaniers.
« Nous avons parlé de commerce, des terres rares, de fentanyl, de TikTok et des relations entre nos deux pays en général », précise-t-il. Selon lui, ces échanges « très substantiels » devraient « mener à de nouvelles nuances » dans les rapports entre Washington et Pékin.
Côté chinois, le principal négociateur Li Chenggang affirme que les deux parties sont parvenues à un consensus préliminaire, désormais soumis aux validations internes à Washington et à Pékin. L’objectif : sécuriser un cadre politique propice à la rencontre Xi–Trump et éviter une nouvelle dégradation des relations commerciales.
Droits de douane : l’hypothèse d’une désescalade
Alors que Donald Trump, en tournée en Asie, avait brandi la menace de droits supplémentaires de 100 % à partir du 1er novembre si la Chine imposait des contrôles globaux sur les terres rares, l’entourage américain laisse entendre qu’une sortie de crise est possible.
« Je pense que nous avons évité cela », a déclaré Scott Bessent. La Chine va ainsi « réexaminer la situation », a-t-il ajouté.
Le soja, nerf agricole de l’accord
Produit agricole le plus exporté des États-Unis, le soja pèse 14 % des exportations agricoles américaines. En 2024, Washington en a expédié 24 milliards de dollars, la Chine en achetant plus de la moitié. Exception faite de la guerre commerciale 2018-2019, Pékin est demeuré le premier client. En 2025, en revanche, pas une seule tonne de la nouvelle récolte n’a été vendue à la Chine — un signal préoccupant pour la filière.
Pour Scott Bessent, un accord changerait la donne : « Je pense que lorsque l’annonce de l’accord avec la Chine sera rendue publique, nos cultivateurs de soja seront très contents, à la fois pour cette saison et pour les prochaines, pour plusieurs années », assure-t-il, rappelant être lui-même producteur.
Un optimisme prudent
Si Kuala Lumpur redonne de l’élan, la prudence demeure : les cycles de Londres, Stockholm ou Madrid ont montré que des avancées affichées ne garantissent pas la paix commerciale. Droits de douane, fentanyl, gouvernance des terres rares et contentieux technologiques (dont TikTok) restent des dossiers sensibles pouvant enrayer la dynamique.
