- OpenAI et Amazon ont conclu un partenariat stratégique de 38 milliards de dollars, permettant à l’entreprise derrière ChatGPT d’exploiter son intelligence artificielle dans les centres de données d’Amazon aux États-Unis.
- Ce rapprochement bouscule l’équilibre du marché du cloud et consolide l’accès d’OpenAI à la puissance de calcul indispensable à ses modèles d’IA.
Ce deal, qui intervient quelques jours seulement après l’évolution du partenariat exclusif entre OpenAI et Microsoft, illustre une compétition technologique sans précédent autour des infrastructures destinées à l’intelligence artificielle. Les marchés ont immédiatement réagi, propulsant l’action Amazon de 4 %.
Une alliance stratégique autour de la puissance de calcul
Selon les termes de l’accord annoncé lundi, OpenAI pourra exécuter ses modèles via Amazon Web Services (AWS) en s’appuyant sur « des centaines de milliers » de puces d’intelligence artificielle spécialisées développées par Nvidia. Une montée en charge prévue d’ici la fin de 2026, avec un potentiel d’extension en 2027 et au-delà.
Dans un communiqué, Amazon justifie la nature de cet accord : « Les progrès rapides de la technologie de l’IA ont créé une demande sans précédent de puissance de calcul. »
Le groupe précise qu’OpenAI « commencera immédiatement à utiliser l’informatique AWS dans le cadre de ce partenariat, toute la capacité devant être déployée avant la fin de 2026, avec le potentiel de s’étendre davantage en 2027 et au-delà. »
Recomposition des alliances du cloud
Ce partenariat survient moins d’une semaine après la révision de la collaboration entre OpenAI et Microsoft, qui bénéficiait jusqu’alors d’une exclusivité sur les services cloud de la start-up. Cette reconfiguration marque une stratégie multi-infrastructure, essentielle pour soutenir la croissance explosive de l’IA générative.
OpenAI doit en effet faire face à un besoin exponentiel en énergie et en capacité de calcul pour entraîner ses modèles et faire fonctionner ChatGPT, déjà utilisé par des centaines de millions d’utilisateurs.
Investissements colossaux et inquiétudes des investisseurs
Pour accompagner cette expansion, OpenAI a engagé plus de 1 000 milliards de dollars dans des projets liés à l’intelligence artificielle : centres de données avec Oracle et SoftBank, accords d’approvisionnement en semi-conducteurs avec Nvidia, AMD ou encore Broadcom.
Une politique d’investissement agressive qui soulève parfois des craintes quant à sa viabilité. Certains observateurs évoquent la nature potentiellement « circulaire » de ces accords, OpenAI s’appuyant sur les infrastructures financées par ses partenaires sans être encore rentable.
Face aux doutes, son PDG Sam Altman se montre catégorique : ces inquiétudes sont « sans fondement ».
« Le chiffre d’affaires est en forte croissance. Nous faisons le pari qu’il va continuer à croître », ajoute – t-il.
Cadre juridique assoupli : cap sur le lucratif
La semaine dernière, les autorités de régulation de Californie et du Delaware ont validé la transformation de la structure juridique d’OpenAI. Fondée initialement comme une organisation à but non lucratif, l’entreprise peut désormais lever du capital plus facilement et opérer à des fins lucratives.
Ce changement s’inscrit dans la course mondiale à l’innovation en intelligence artificielle, où les infrastructures représentent un coût d’entrée vertigineux.
Quelles conséquences pour l’emploi ?
Alors qu’Amazon prévoit la suppression d’environ 14 000 postes, certains s’interrogent sur le rôle de l’IA dans cette restructuration. Si l’intelligence artificielle bouleverse de nombreux secteurs, experts et analystes estiment que les causes sont multifactorielles : pression économique, réallocation de ressources et automatisation progressive.
Paradoxalement, l’IA pourrait créer de nouveaux emplois hautement qualifiés : ingénieurs cloud, spécialistes GPU, techniciens de centres de données, experts en sécurité algorithmique…
Une course mondiale qui s’accélère
À l’heure où chaque mois voit naître de nouveaux modèles d’IA toujours plus sophistiqués, disposer d’une puissance de calcul massive devient un avantage décisif. Le partenariat OpenAI-AWS confirme qu’en 2025, l’IA n’est plus seulement une question de logiciels : elle devient une bataille d’infrastructures, de puces et d’énergie.
Avec cette alliance stratégique, Amazon renforce son rôle dans la chaîne d’approvisionnement mondiale de l’IA, tandis qu’OpenAI sécurise le carburant technologique indispensable à sa croissance continue.
Une manche de plus remportée dans la guerre — désormais industrielle — de l’intelligence artificielle.
