- Deux ans après la signature du traité, Paris entrouvre la porte à un feu vert sous conditions.
- Emmanuel Macron salue des garanties en gestation à Bruxelles tout en promettant de défendre les intérêts français.
En marge du sommet des chefs d’État qui précède la COP30 à Belém (Brésil), Emmanuel Macron a affiché un optimisme prudent sur l’accord commercial UE–Mercosur. Le président dit avoir obtenu des clauses de sauvegarde et des soutiens ciblés à l’élevage, mais prévient qu’il restera “vigilant” tant que ces garde-fous ne sont pas entérinés par toutes les parties.
« Je suis plutôt positif, mais je reste vigilant parce que je défends aussi les intérêts de la France », a déclaré Emmanuel Macron jeudi à Belém, en marge du sommet préparatoire à la COP30.
Le chef de l’État revendique une ligne constante : « J’ai été cohérent depuis le début. J’ai dit qu’en l’état, il n’était pas acceptable, c’est pour ça que je vous dis qu’il est en train d’être changé », a-t-il insisté.
Bruxelles met des garde-fous sur la table
Selon Emmanuel Macron, les revendications françaises ont trouvé un écho à Bruxelles.
« Nous avons été entendus par la Commission, qui non seulement nous a donné une réponse positive sur les clauses de sauvegarde, mais a aussi souhaité apporter des soutiens au secteur de l’élevage », a-t-il expliqué.
Le président ajoute que ces ajustements prévoient « un renforcement des protections de notre marché intérieur » ainsi qu’« un renforcement de notre union douanière ».
Objectif : prévenir toute concurrence déloyale redoutée par les agriculteurs, notamment face aux géants agricoles sud-américains.
Un calendrier resserré et conditionnel
Le traité UE–Mercosur, signé fin 2024, a été adopté le 3 septembre 2025 par la Commission européenne. Il doit encore être approuvé par les 27 États membres avant d’entrer en application. D’ici là, « dans les semaines qui viennent », la Commission conduira un travail avec le Mercosur « pour que ces clauses soient acceptées », a précisé Emmanuel Macron.
À Paris, le ministre chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, a fixé une ligne rouge : la clause de sauvegarde renforcée devra être « adoptée et reconnue par les pays » latino-américains « avant toute signature de l’accord ».
Sur le front intérieur, les députés Les Républicains, emmenés par Laurent Wauquiez, ont demandé au Premier ministre Sébastien Lecornu l’organisation d’un vote au Parlement pour trancher la position française. Le gouvernement est ainsi sommé d’arbitrer entre l’ambition commerciale européenne et la protection des filières agricoles hexagonales.
La dynamique demeure néanmoins favorable côté sud-américain. À l’issue d’une rencontre entre le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, la présidence brésilienne a indiqué que les deux dirigeants étaient « disposés à signer » l’accord lors du sommet du Mercosur, prévu le 20 décembre à Rio de Janeiro. Bruxelles espère obtenir l’aval européen avant fin décembre, alors que le Brésil assure encore la présidence tournante du Mercosur.
“Acceptable” si — et seulement si — les garanties sont actées
Emmanuel Macron lie clairement le feu vert français à la mise en œuvre des protections promises : « Si ces clauses sont bien mises en œuvre qui n’existaient pas dans l’accord, à ce moment-là, nous considérons que cet accord peut être acceptable », a-t-il affirmé à Belém.
