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Grève des médecins libéraux : fortes perturbations annoncées du 5 au 19 janvier autour de l’article 26 du PLFSS

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  • Deux semaines de mobilisation se profilent dans les cliniques privées, avec un « exil » symbolique à Bruxelles et un arrêt annoncé des activités, urgences comprises.
  •  Au cœur du bras de fer : la hausse de la cotisation sur les dépassements d’honoraires et la remise en cause du secteur 2.

   Chirurgiens, anesthésistes, gynécologues-obstétriciens et radiologues haussent le ton contre le projet de budget de la Sécurité sociale. Les syndicats promettent de “fortes perturbations” et brandissent le risque d’un choc pour l’accès aux soins, tandis que l’Assurance maladie vise 300 millions d’euros d’économies.

Du 5 au 19 janvier, quelque 1 500 praticiens des cliniques privées — et peut-être « 3 000 à 4 000 » — prévoient de « s’exiler » symboliquement à Bruxelles et de stopper « toutes les activités ». Ils protestent contre l’article 26 du PLFSS, qui permettrait au gouvernement d’augmenter par décret la cotisation sur les suppléments d’honoraires (actuellement 3,25 %), et contre des amendements allant jusqu’à envisager l’interdiction de certains dépassements.

Un bras de fer inédit sur les dépassements d’honoraires

À l’appel de l’Union des chirurgiens de France (UCDF), de l’AAL (anesthésistes), du SNCUF (urologues) et du Syngof (gynécologues-obstétriciens), les praticiens libéraux de cliniques privées annoncent un mouvement d’ampleur du 5 au 19 janvier. Objectif : peser sur l’examen de l’article 26 du PLFSS, qui autorise un relèvement par décret de la cotisation appliquée aux dépassements d’honoraires — aujourd’hui fixée à 3,25 % — et s’opposer à des amendements parlementaires qui, selon eux, pourraient interdire ces dépassements pour certains actes.

« Nous ferons partir plusieurs milliers de praticiens, probablement 3 000 à 4 000″, a assuré jeudi 6 novembre Philippe Cuq, président de l’UCDF.

« On va arrêter toutes nos activités », y compris les urgences, tout en garantissant la continuité des soins pour les patients déjà hospitalisés.

Une plateforme d’inscription ouverte depuis l’été recense déjà 1 500 médecins ayant versé une participation de 870 à 1 180 euros selon l’hébergement. « Tous les jours, des gens s’inscrivent », insiste Philippe Cuq, qui table sur une montée en puissance d’ici janvier.

« Une agression » contre le secteur 2, selon les syndicats

Dans les rangs syndicaux, la colère est frontale. « On est très, très en colère, parce que c’est vraiment un truc brutal qui nous coupe la gorge, qui effondrerait notre modèle économique, à savoir le secteur 2″, martèle Philippe Cuq.

« Nous sommes, malheureusement (…) obligés d’exercer en secteur 2, alors que les tarifs d’une grande partie des actes remboursés par la Sécu sont bloqués depuis 20 ans… Face à une telle agression, on n’a pas le choix. Il faut qu’on se mobilise. »

Les syndicats préviennent qu’ils n’annuleront le mouvement que si « il n’y a rien sur le secteur 2 dans le PLFSS », estimant que ce sujet doit rester du domaine conventionnel avec l’Assurance maladie.

Radiologie : une grève ciblée le 10 novembre

La tension gagne aussi l’imagerie médicale. La FNMR appelle à une journée nationale de grève des cabinets de radiologie le lundi 10 novembre, dans le sillage d’une nouvelle grille tarifaire publiée mi-octobre par l’Assurance maladie, qui abaisse les prix des actes remboursables.

Selon la FNMR, l’interprétation d’un scanner passerait de 29 à 26 euros, l’Assurance maladie visant 300 millions d’euros d’économies par rapport à la croissance tendancielle des dépenses.

« Les décisions du PLFSS 2026 et du protocole imagerie imagerie privent les radiologues des marges de manœuvre nécessaires pour continuer à assurer des soins de qualité aux patients. Cette décision est à la fois économiquement absurde et médicalement irresponsable. Les patients vont être les victimes », déclare dans un communiqué Jean-Philippe Masson, président de la FNMR.

« Nous demandons une révision immédiate de ces décisions pour éviter que les patients ne soient victimes d’une politique comptable court-termiste », martèle -t-il.

Les 4 800 radiologues libéraux sont invités à ne pas assurer les gardes (déjà suspendues la nuit) pendant la journée du 10 novembre, avertit la fédération.

Quels impacts pour les patients et l’hôpital public ?

  • Cliniques privées : capacités réduites, reports d’interventions et tensions sur les urgences entre le 5 et le 19 janvier ;
  • Hôpital public : possible afflux de patients et allongement des délais dans certains services ;
  • Imagerie : retards ponctuels le 10 novembre pour les examens programmés.

Les organisations promettent toutefois la continuité des soins pour les patients déjà hospitalisés et les situations impossibles à différer.

Ce qui se joue au-delà des tarifs

Derrière le débat sur la cotisation et les dépassements, les médecins pointent l’attractivité des carrières, l’investissement en bloc opératoire et la capacité d’innovation des plateaux techniques privés.

À l’inverse, les promoteurs d’un durcissement revendiquent une maîtrise des dépenses et un meilleur accès financier aux soins. Le vote de l’article 26 et les arbitrages sur la radiologie feront office de test pour la relation entre l’État, l’Assurance maladie et les acteurs du soin dans les prochains mois.

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