- L’Algérie s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la valorisation de ses ressources minières, avec l’entrée en exploitation de la mine de fer de Gara Djebilet et la mise en service de la ligne ferroviaire minière Béchar-Tindouf-Gara Djebilet.
- Les préparatifs s’intensifient afin de respecter les échéances fixées pour 2026, dans le cadre d’une stratégie nationale de diversification économique et de souveraineté industrielle.
Au cœur de cette dynamique, une réunion de coordination de haut niveau a été tenue le 19 novembre au ministère de l’Énergie et des Mines, réunissant trois départements clés : les Hydrocarbures et Mines, les Travaux publics et Infrastructures de base, ainsi que l’Intérieur, Collectivités locales et Transport. Objectif : aligner les agendas techniques, logistiques et institutionnels d’un projet présenté comme structurant pour l’avenir économique du pays.
Projeté comme l’un des leviers majeurs de la transformation économique du pays, le développement de la mine de Gara Djebilet et de sa ligne ferroviaire associée est directement adossé aux orientations du président algérien Abdelmadjid Tebboune issues lors Conseil des ministres du dimanche 16 novembre 2025.
« Le lancement de l’exploitation locale du minerai de fer extrait de la mine de Gara Djebilet commencera dès le premier trimestre 2026, et la mise en service de la ligne ferroviaire minière Bechar-Tindouf, dans sa totalité, au mois de janvier 2026″, indique le communiqué du ministère des Hydrocarbures et des Mines.
Cette rencontre avait pour but de coordonner les efforts sur les aspects techniques et opérationnels liés à l’extraction et au traitement du minerai de fer, tout en suivant de près le rythme de réalisation des infrastructures d’accompagnement, en premier lieu la ligne ferroviaire minière Béchar-Tindouf-Gara Djebilet, longue de 950 km. Considérée comme un pilier central du dispositif, cette ligne est appelée à structurer la chaîne de valeur industrielle autour de la mine.

Une coordination renforcée entre trois ministères
Les trois départements présents ont convenu de prendre, chacun dans son domaine de compétence, toutes les mesures nécessaires pour garantir l’atteinte des objectifs fixés. La priorité est mise sur la coordination intersectorielle afin de respecter les délais annoncés et sécuriser le calendrier d’entrée en production.
« Lors de cette réunion, l’importance du projet de la mine de Gara Djebilet et de la ligne ferroviaire en cours de construction a été soulignée, car ces deux projets représentent un tournant historique dans le parcours du développement national, ayant un impact direct sur le développement économique et social du pays », souligne la même source.
Diversification économique et souveraineté industrielle
Le projet de Gara Djebilet s’inscrit dans une nouvelle dynamique économique visant à diversifier la base productive algérienne et à réduire la dépendance historique aux hydrocarbures. L’exploitation locale du minerai de fer et son traitement sur le territoire national doivent permettre de sécuriser les matières premières nécessaires à l’industrie du fer et de l’acier.
Le complexe sidérurgique Tosyali, à Oran, est l’un des principaux bénéficiaires attendus de cette nouvelle chaîne d’approvisionnement. Il devrait recevoir les premières cargaisons de minerai de fer traité dès 2026, acheminées par la nouvelle ligne ferroviaire minière.
Cette initiative est présentée comme une « nouvelle orientation économique » tournée vers le renforcement de la souveraineté industrielle, l’augmentation de la valeur ajoutée locale et la diversification de l’économie au-delà du secteur des hydrocarbures.
Une chaîne industrielle intégrée de la mine à l’acier
La mise en exploitation de la mine de Gara Djebilet et la mise en service de la ligne Béchar-Tindouf-Gara Djebilet interviennent également dans le cadre de la décision du Conseil des ministres d’approuver la création de nouvelles usines de traitement du minerai de fer à Tindouf, Béchar et Naâma.
L’objectif affiché est de promouvoir une chaîne industrielle totalement intégrée, reliant l’extraction, le traitement, la transformation et le transport vers les complexes nationaux de fer et d’acier, à commencer par Tosyali.
Cité par l’APS, l’expert en économie Haouari Tigharsi, affirme que « La création d’unités de traitement à Tindouf, Béchar et Naâma permettra de construire de nouvelles chaînes de valeur industrielles allant de la transformation primaire du minerai de fer aux industries métallurgiques et de transformation ».
« Cette orientation ouvrira la voie à des activités liées à la construction, à la mécanique, aux pièces de détachées et à la logistique, ainsi que la création de milliers d’emplois », a-t-il ajouté.
Une infrastructure ferroviaire stratégique de 950 km
La future ligne ferroviaire minière Béchar-Tindouf-Gara Djebilet, dont la mise en service intégrale est prévue pour janvier 2026, est considérée comme un élément central du projet. D’une longueur totale de 950 km, elle comprend trois grands tronçons : Béchar–Hammaguir (200 km), Tindouf–Oum El Assel (175 km) et Hammaguir–Oum El Assel–Tindouf–Gara Djebilet (575 km).
Cette infrastructure permettra d’assurer l’acheminement massif du minerai de fer depuis la mine vers les unités de traitement et les complexes sidérurgiques du Nord. Mais elle est également conçue pour faciliter le transport des passagers et des marchandises entre Béchar, Tindouf et la région de Gara Djebilet, contribuant ainsi au désenclavement du Sud et à son intégration accrue dans l’économie nationale.
Une des plus grandes mines à ciel ouvert au monde
Située dans la wilaya de Tindouf, la mine de fer de Gara Djebilet est considérée comme l’une des plus grandes mines à ciel ouvert au monde en termes de réserves, estimées à environ 3,5 milliards de tonnes de minerai. Son exploitation à grande échelle devrait générer une valeur ajoutée significative, réduire la facture des importations de matières premières et renforcer la compétitivité du secteur sidérurgique local.
