- Le groupe Brandt, l’un des derniers grands fabricants d’électroménager en France, a été placé en redressement judiciaire début octobre par le tribunal des activités économiques de Nanterre.
- Mercredi 3 décembre, la justice doit examiner les offres de reprise potentielles, dont dépend l’avenir de 750 salariés et de plusieurs sites industriels en France.
Alors que le tribunal des activités économiques de Nanterre se penche sur l’avenir de Brandt, « aucune offre de reprise suffisamment finalisée » n’a encore été déposée. Les élus locaux réclament un « engagement absolu de l’État » pour sauver les sites d’Orléans et de Vendôme, tandis que le gouvernement affirme que « tous les moyens sont mobilisés » pour trouver un repreneur à ce fleuron centenaire de l’électroménager.
Brandt, l’un des derniers grands fabricants d’électroménager en France, a été placé en redressement judiciaire début octobre par le tribunal des activités économiques de Nanterre. Objectif affiché : favoriser l’arrivée d’un partenaire capable de soutenir l’entreprise, fragilisée sur le plan financier.
Le groupe emploie 750 personnes en France et reste un acteur majeur du secteur. Présent dans 36 pays, Brandt appartient depuis 2014 au groupe algérien Cevital et réalise 260 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 70 % en France et 30 % en Europe.
En Centre-Val de Loire, deux usines structurent l’ancrage industriel de la marque, à Orléans et Vendôme (Loir-et-Cher). Le groupe dispose aussi d’un centre de service après-vente à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise) et de son siège social à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).
Des offres de reprise encore floues
À la veille de l’audience, l’incertitude demeure. « Aucune offre de reprise suffisamment finalisée » n’a été déposée pour le groupe, a alerté le président de la région Centre-Val de Loire, François Bonneau, qui suit de près le dossier en raison de l’implantation des deux usines sur son territoire.
Cette situation contraste avec le ton résolument optimiste affiché par la direction au moment de l’ouverture de la procédure. Début octobre, un porte-parole de Brandt assurait qu’« il y a plusieurs pistes assez sérieuses à l’étude, qui sont bien engagées », voyant dans le redressement judiciaire un moyen « de donner un coup d’accélérateur à cette recherche ».
Depuis, la direction du groupe centenaire a choisi de ne plus s’exprimer avant l’audience, renforçant le climat d’inquiétude chez les salariés et les élus locaux.
Les élus réclament un « engagement absolu » de l’État
Face à l’absence d’offre consolidée, les élus de Centre-Val de Loire ont haussé le ton. François Bonneau et de nombreux responsables locaux ont signé un appel au gouvernement pour obtenir un soutien massif.
« Nous demandons au Premier ministre un engagement absolu de l’État aux côtés des collectivités : soutien aux repreneurs sérieux, mobilisation de tous les outils possibles, sécurisation des parcours des salariés », ont-ils exigé.
Les signataires demandent également « que la date de remise des offres de reprise », initialement fixée au 28 novembre, « soit différée (…) pour permettre à des projets de reprise ambitieux de se structurer dans l’intérêt des salariés et du territoire ».
Pour eux, le temps supplémentaire est indispensable pour bâtir des solutions industrielles solides et éviter un scénario de liquidation aux conséquences sociales lourdes pour Orléans, Vendôme et l’ensemble de la région.
Le gouvernement en première ligne
Sous la pression des élus et des syndicats, l’exécutif affiche sa mobilisation. Le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, se rend dans le Loiret lundi « pour rencontrer et échanger avec les élus du territoire, les porteurs de projet et les organisations syndicales de la société Brandt », a annoncé le ministère.
Bercy assure que « le dossier est suivi de près par le cabinet du ministre et le CIRI » (Comité interministériel de restructuration industrielle).
« Le ministre et son cabinet sont en contact étroit et permanent avec les élus locaux, les parlementaires du territoire pour tenter de trouver un repreneur. Tous les moyens sont mobilisés », indique la même source.
Cette implication confirme que l’avenir de Brandt dépasse le cadre d’une simple entreprise en difficulté : le groupe est considéré comme un actif stratégique de l’industrie française, dans un contexte où chaque fermeture de site industriel est scrutée de près.
Un marché de l’électroménager sous pression
Les difficultés de Brandt s’inscrivent également dans un contexte de marché défavorable. Après une baisse en 2023, le secteur du gros électroménager a enregistré l’an dernier un nouveau recul de 3,9 %, pénalisé par une crise persistante de l’immobilier.
L’achat de gros appareils, notamment de cuisine, est souvent corrélé à l’acquisition d’un bien immobilier ou à un déménagement. Or, la morosité du marché immobilier freine les projets des ménages, ce qui pèse directement sur les ventes d’équipements domestiques, selon le dernier bilan du groupement interprofessionnel des fabricants d’appareils et d’équipements ménagers (Gifam).
