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samedi, décembre 13, 2025
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Visite d’État de Macron en Chine : Ukraine, commerce et et relations UE–Chine au cœur des discussions

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  • Emmanuel Macron effectue une visite d’État de trois jours en Chine, du mercredi 3 au vendredi 5 décembre, entre Pékin et Chengdu.
  • Au programme : guerre en Ukraine, rééquilibrage commercial avec l’Union européenne et offensive économique des entreprises françaises sur le marché chinois.

Alors que les négociations autour d’une sortie de crise en Ukraine s’intensifient, Emmanuel Macron se rend en Chine pour une visite d’État à la fois diplomatique, économique et européenne. Le chef de l’État veut mobiliser l’influence de Pékin sur Moscou, tout en défendant une concurrence « équitable » et des échanges plus équilibrés entre l’Union européenne et la deuxième économie mondiale.

Pékin, étape clé pour peser sur la guerre en Ukraine

Pour cette quatrième visite en Chine depuis son élection en 2017, Emmanuel Macron place la guerre en Ukraine au sommet de son agenda. À l’heure où les discussions se multiplient des deux côtés de l’Atlantique pour tenter de bâtir une sortie de crise, Paris veut s’appuyer sur le poids diplomatique de Pékin auprès de Moscou.

Le président français entend ainsi solliciter l’appui des autorités chinoises afin « d’influencer et orienter le plus vite possible Moscou vers un cessez-le-feu ». L’Élysée insiste sur la nécessité d’un dialogue approfondi avec la Chine : « Nous avons besoin de mieux nous comprendre sur la question ukrainienne, de mieux travailler ensemble pour aboutir à une paix durable, solide », assure l’Élysée.

Même son de cloche au ministère des Affaires étrangères. Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, rappelle le rôle clé de Pékin au Conseil de sécurité de l’ONU :

« Nous comptons sur la Chine, membre permanent comme nous, du Conseil de sécurité (..) pour peser sur la Russie, pour que la Russie et Vladimir Poutine, en particulier, puissent enfin se résoudre à un cessez-le-feu », a-t-il déclaré lundi.

En multipliant ces messages, Paris espère convaincre la Chine de prendre une part plus active dans la recherche d’un cessez-le-feu et d’une solution politique durable au conflit.

Une importante délégation d’affaires pour consolider la présence française

Au-delà des enjeux géopolitiques, Emmanuel Macron arrive en Chine accompagné d’une importante délégation économique. Trente-cinq dirigeants français font le voyage, issus de secteurs variés : énergie, alimentation, luxe, vins et spiritueux. Une façon de rappeler que la Chine demeure un marché d’exportation crucial pour nombre d’entreprises tricolores.

Parmi les groupes représentés figurent notamment Veolia, Suez, EDF, Andros ou encore Airbus. Les tailles d’entreprises sont également diverses, avec des PME et des grands groupes réunis dans la même délégation. Pour le géant aéronautique européen, l’enjeu est de taille :

Pour Airbus, « il y a un gros volume de commandes qui arrive », a indiqué l’Élysée, sans donner davantage de détails.

L’objectif de ce déplacement est double : décrocher de nouveaux contrats dans un contexte de concurrence internationale renforcée, et sécuriser dans la durée la présence des entreprises françaises sur le marché chinois.

Une visite bilatérale à forte dimension européenne

Si la visite est officiellement bilatérale, l’Élysée revendique une forte dimension européenne. La présidence française présente ce déplacement comme une séquence structurante pour l’avenir de la relation Chine–Union européenne.

Cette visite d’État d’Emmanuel Macron sera ainsi « très riche en matière bilatérale, ambitieuse sur le plan européen », assure la présidence.  « L’angle est bilatéral, mais l’angle est aussi européen, puisque ça fait partie de notre identité et de notre ADN », précise l’Élysée.

Objectif des discussions consiste à réduire le déficit commercial massif de 307 milliards d’euros en défaveur de l’Union européenne. Ce déséquilibre nourrit depuis plusieurs années les inquiétudes de Bruxelles face au poids de l’industrie chinoise et à la question des subventions, particulièrement dans des secteurs sensibles comme l’automobile électrique, l’acier ou certaines filières agricoles.

« Recréer les conditions d’une concurrence équitable »

Pour Paris, la relation économique avec la Chine ne peut se poursuivre à l’identique. Dans les colonnes de La Tribune Dimanche, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a posé les jalons de la position française.

Il faut « recréer les conditions d’une concurrence équitable pour tous et d’une coopération économique bénéfique pour chacun », a-t-il martelé, en évoquant, dans le cas contraire, des « conséquences industrielles » potentiellement « dévastatrices et irréversibles » en Europe.

Ces propos illustrent la volonté française de défendre une Europe « ouverte mais pas naïve”, soucieuse de se protéger de pratiques jugées déloyales tout en maintenant le dialogue avec Pékin. En réponse, le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, a dit espérer du président français qu’il encourage un « développement sain des relations entre la Chine et de l’UE ».

Cette joute diplomatique souligne à quel point la visite de Macron s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales croissantes, où chaque camp cherche à défendre ses intérêts sans rompre les ponts.

Investissements croisés et technologies : vers une nouvelle phase de la relation ?

Emmanuel Macron entend également profiter de sa présence en Chine pour encourager Pékin à investir davantage en Europe, dans des conditions jugées plus équilibrées et plus transparentes. Il s’agit de renforcer les investissements croisés tout en encadrant les secteurs stratégiques.

L’Élysée insiste sur le fait que la Chine est désormais un acteur technologique de premier plan :« Après trente ans de mondialisation qui ont largement permis à la Chine de croître et d’innover (…), les Chinois ont aujourd’hui des technologies particulièrement avancées qui peuvent être partagées avec leurs partenaires de confiance, notamment européens », fait savoir la même source.

En filigrane, Paris espère que cette nouvelle phase de la relation se traduira par une coopération accrue dans les énergies renouvelables, les infrastructures durables, l’agroalimentaire, ou encore les technologies de pointe, tout en garantissant la sécurité des données et la protection des intérêts stratégiques européens.

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