- La Banque africaine de développement (BAD) renforce son partenariat avec l’Algérie en approuvant une nouvelle stratégie de coopération pour la période 2025-2030.
- Cette feuille de route s’accompagne d’un financement majeur dédié à la construction de la ligne ferroviaire Laghouat-Ghardaïa-El Ménéa, projet clé pour le développement du Sud.
La BAD a validé sa nouvelle Stratégie pays 2025-2030, centrée sur la diversification économique, le développement des infrastructures et l’intégration régionale. Dans la foulée, l’institution accorde un prêt de 747,32 millions d’euros pour lancer la première tranche de la ligne ferroviaire Laghouat-Ghardaïa-El Ménéa, un chantier considéré comme « stratégique » pour transformer durablement les dynamiques économiques du Sud algérien.
La BAD trace une nouvelle feuille de route pour l’Algérie
La Banque africaine de développement vient d’approuver la Stratégie pays 2025-2030 pour l’Algérie, un document qui vise à soutenir « la diversification économique du pays, renforcer les infrastructures stratégiques et stimuler une intégration régionale plus dynamique ».
Selon l’institution, ce cadre de coopération marque « une étape clé dans le partenariat entre l’institution et le gouvernement algérien ». Deux axes principaux guident cette feuille de route : le premier « vise à développer les infrastructures pour stimuler l’économie et renforcer l’intégration régionale », tandis que le second ambitionne d’accélérer « la transformation structurelle de l’économie, à travers la mise en œuvre de réformes économiques et la création de chaînes de valeur agro-industrielles ».
La BAD interviendra ainsi dans quatre secteurs majeurs — transport, énergie, agro-industrie et gouvernance économique — en adoptant « une approche sélective fondée sur des avantages comparatifs et les priorités nationales ».
L’institution affirme que « cette nouvelle feuille de route intègre également les enjeux futurs », permettant d’adopter une vision à long terme pour les « projets transformateurs ambitieux portés par l’Algérie », notamment dans le domaine des transports. Elle inclut également des dimensions transversales comme l’employabilité des jeunes, l’adaptation au changement climatique et la réduction des disparités de genre.
Dans le cadre de cette stratégie, la BAD entend « engager un dialogue pour la constitution d’un portefeuille d’investissement ambitieux, en combinant financement souverain, partenariats public-privé et assistances techniques ».
L’objectif est de maximiser l’impact sur la croissance nationale et soutenir la diversification d’une économie « encore largement dépendante des hydrocarbures ».
747,32 millions d’euros pour une ligne ferroviaire structurante au Sud
La BAD a approuvé l’octroi d’un prêt de 747,32 millions d’euros destiné à financer la première tranche du projet de construction de la ligne ferroviaire Laghouat-Ghardaïa-El Ménéa, longue de 495 km.
« Cette infrastructure stratégique vise à renforcer la connectivité territoriale, stimuler le développement économique du Sud algérien et soutenir l’intégration régionale », souligne l’institution dans un communiqué publié le 12 décembre.
Classée parmi les projets prioritaires du pays, cette ligne doit faciliter la mobilité des voyageurs et le transport des marchandises. Elle permettra aussi « de réduire les coûts logistiques et d’optimiser l’acheminement des productions agricoles et industrielles », tout en favorisant « une exploitation durable des ressources économiques des régions sahariennes ».
Des infrastructures modernes et un impact social attendu
La première tranche du projet comprend la construction des segments prioritaires de la ligne, l’installation d’équipements ferroviaires modernes et la mise en place de systèmes de sécurité et de signalisation de dernière génération.
Le projet prévoit également des plateformes économiques et sociales destinées aux jeunes, aux femmes et aux acteurs locaux, ainsi que la préparation des conditions techniques nécessaires à l’extension future du réseau.
Pour Abdoulkader Dileita, responsable pays de la BAD en Algérie, « ce projet ferroviaire structurant contribuera à transformer durablement les dynamiques économiques du Sud algérien. Il ouvrira de nouvelles perspectives pour le commerce, l’emploi et la compétitivité des territoires ».
Il rappelle la fierté de la Banque « d’accompagner l’Algérie dans la mise en place de ses infrastructures stratégiques ».
Un levier pour la diversification et la transition durable
La BAD souligne que ce financement s’inscrit « dans la vision de transformation portée par le gouvernement algérien, qui considère le développement du réseau ferroviaire comme un levier majeur de diversification économique, de réduction des disparités régionales et de transition vers des modes de transport plus durables ».
La ligne Laghouat-El Ménéa contribuera également « aux priorités stratégiques de la Banque africaine de développement » et s’inscrit dans le « quatrième point cardinal relatif au développement d’infrastructures résilientes et à la valorisation des matières premières ».
Selon la BAD, ce projet représente « une étape clé dans le partenariat avec l’Algérie » et « reflète l’ambition partagée d’investir dans des infrastructures modernes, résilientes et au service de la croissance inclusive ».
