- La Banque islamique de développement (BID) renforce son appui financier au Maroc avec un financement global de 207,05 millions d’euros.
- L’enveloppe cible deux secteurs à fort enjeu économique : la sécurité hydrique et le développement de l’aquaculture continentale.
Barrages, transferts d’eau Nord-Sud et pisciculture figurent au cœur de ce soutien qui positionne le Royaume parmi les principaux bénéficiaires de la nouvelle stratégie de financement de la BID. Un appui aligné sur les priorités macroéconomiques du Maroc et sur la feuille de route 2026-2035 de l’institution multilatérale.
Un financement de 2,2 milliards de dirhams à fort impact économique
La Banque islamique de développement (BID) a approuvé un financement total de 207,05 millions d’euros, soit près de 2,2 milliards de dirhams, en faveur du Maroc. Cet accord de financement a pour objectif de renforcer la résilience économique dans un contexte marqué par la montée des contraintes climatiques.
Il se décline en deux volets structurants, ciblant des secteurs à effet d’entraînement sur la croissance, l’emploi et la stabilité des territoires.
Près de 189 millions d’euros pour sécuriser la ressource en eau
Le premier volet, d’un montant de 188,82 millions d’euros, est consacré à l’atténuation du stress hydrique. Il porte sur la construction de nouveaux barrages et d’infrastructures connexes, la sécurisation de l’approvisionnement en eau, ainsi que le transfert de l’excédent hydrique des bassins du Nord vers les régions du Sud, particulièrement exposées à la sécheresse.
Ce programme s’inscrit dans une logique de souveraineté économique. Ce volet illustre la priorité donnée à la souveraineté hydrique, devenue un enjeu structurant pour l’économie. L’accès durable à l’eau est un facteur déterminant pour la solidité et la compétitivité, conditionnant aussi bien l’agriculture que l’industrie et l’attractivité territoriale.
Aquaculture : un levier de diversification et d’emplois
Le second volet, d’un montant de 18,23 millions d’euros, vise le développement de la chaîne de valeur de l’aquaculture continentale. L’objectif est de renforcer la pisciculture, de diversifier les sources de revenus en milieu rural et de créer de nouvelles opportunités d’emploi.
À travers ce soutien, « la BID appuie la stratégie marocaine de valorisation des ressources halieutiques et de diversification des filières agricoles. » Un segment encore sous-exploité, mais porteur en termes de substitution aux importations et de sécurité alimentaire.
Une nouvelle feuille de route 2026-2035 pour la BID
Cette décision intervient dans le cadre du nouveau positionnement stratégique de la Banque islamique de développement.L’institution, qui compte 57 pays membres, a adopté en 2025 une feuille de route couvrant la période 2026-2035, prévoyant une montée en puissance de sa capacité de financement et une augmentation significative des financements concessionnels.
L’ambition est de renforcer l’impact économique des projets soutenus, tout en améliorant l’adéquation entre les financements et les priorités nationales des pays membres.
Trois leviers stratégiques au cœur de la nouvelle approche
Pour concrétiser cette ambition, la BID s’appuie sur trois leviers. Le premier vise l’excellence en matière de solutions pilotées à l’échelle de chaque pays membre, afin de proposer des montages financiers et techniques adaptés aux réalités locales.
Le deuxième levier repose sur les principes islamiques de solidarité, d’équité et de pérennité , avec pour objectif de promouvoir une croissance durable et inclusive.
Le troisième levier concerne l’affectation des ressources à l’appui de la productivité et de la résilience, en ciblant prioritairement les infrastructures économiques à fort rendement, notamment dans les secteurs du transport, de l’énergie et de l’agriculture.
Des perspectives de financement en hausse pour le Maroc
Dans cette configuration, la BID entend renforcer son rôle de chef de file de la coopération financière Sud-Sud, avec une approche présentée comme apolitique et axée sur la solidarité.
Pour le Maroc, les perspectives sont favorables. Déjà bénéficiaire de 464,5 millions de dollars de financements en 2024, le Royaume devrait continuer à capter des volumes croissants, porté par l’alignement de sa stratégie de développement — notamment en matière d’eau, d’agriculture et d’infrastructures — avec les nouvelles orientations de la Banque.
