- Dans une interview au New York Times publiée le 8 janvier, Donald Trump affirme que les États-Unis pourraient contrôler le Venezuela pendant une période prolongée.
- Cette déclaration intervient après la capture de Nicolás Maduro et la mise en place d’un gouvernement intérimaire à Caracas.
Après la capture de Nicolás Maduro lors d’une opération militaire américaine à Caracas, Donald Trump affirme vouloir « gérer » le Venezuela et ses ressources pétrolières avant une « transition sûre et judicieuse ». Une stratégie présentée comme temporaire, mais dont la durée reste volontairement floue, sur fond d’intérêts énergétiques majeurs.
Une tutelle américaine sans échéance claire
Dans son entretien accordé au New York Times, Donald Trump n’a pas souhaité fixer de calendrier précis quant à la durée du contrôle américain au Venezuela. Interrogé sur une période possible — « trois mois, six mois, un an ou plus » — le président des États-Unis s’est montré évasif.
« Seul l’avenir nous dira », a-t-il répondu, estimant que la situation pourrait se prolonger « beaucoup plus longtemps ».
Dès la capture de Nicolás Maduro le week-end dernier, Donald Trump avait indiqué vouloir « gérer » le pays et ses ressources stratégiques, évoquant une phase de contrôle avant une « transition sûre et judicieuse ». Selon Reuters, cette absence de calendrier précis reflète la volonté de Washington de conserver une marge de manœuvre maximale face à une situation jugée instable sur les plans politique et sécuritaire.
Le pétrole vénézuélien, enjeu central de la stratégie américaine
La priorité affichée par l’administration Trump concerne les immenses réserves d’hydrocarbures du Venezuela, évaluées à environ 303 milliards de barils en 2020, selon les chiffres de l’Opep. Washington entend ouvrir largement l’accès à ces ressources aux entreprises américaines du secteur énergétique.
Donald Trump justifie cette approche en la présentant comme mutuellement bénéfique. « Nous allons reconstruire le pays de manière très rentable », a-t-il affirmé.
« Nous allons utiliser du pétrole et en importer. Nous allons faire baisser les prix du pétrole et donner de l’argent au Venezuela, dont il a désespérément besoin», a t-il ajouté.
Selon Reuters, l’administration américaine estime qu’une remise en exploitation progressive des champs pétroliers vénézuéliens pourrait également contribuer à stabiliser les marchés mondiaux de l’énergie, tout en renforçant l’influence économique des États-Unis dans la région.
Delcy Rodríguez au pouvoir, un scénario anticipé par Washington
Désormais détenu dans une prison de New York, Nicolás Maduro a été remplacé à la tête de l’exécutif par son ex-vice-présidente, Delcy Rodríguez. Une hypothèse que les services de renseignement américains considéraient comme la plus susceptible d’éviter un vide institutionnel, rapportait plus tôt dans la semaine le Wall Street Journal.
Dans son interview, Donald Trump a salué la nouvelle équipe dirigeante. « Ils nous traitent avec beaucoup de respect », s’est-il félicité. « Nous nous entendons très bien avec l’administration qui est en place maintenant. »
La Maison-Blanche assume une influence directe
Mercredi, la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a confirmé que les États-Unis comptaient « continuer à dicter leurs décisions » aux autorités vénézuéliennes par intérim. Une déclaration qui confirme l’ampleur de l’influence américaine sur les orientations politiques et économiques du pays.
Reuters souligne que cette ligne s’inscrit dans une stratégie plus large visant à encadrer étroitement la transition afin d’éviter un retour de forces hostiles aux intérêts américains.
Marco Rubio détaille un plan en trois phases
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a présenté mercredi un plan en trois étapes pour le Venezuela. La première phase porte sur « la stabilisation » du pays, afin de sécuriser les institutions et les infrastructures clés.
La seconde étape vise le « rétablissement » économique, avec pour objectif de « s’assurer que les entreprises américaines, occidentales, et autres aient accès au marché vénézuélien de manière juste ». Enfin, une troisième phase, « bien sûr, de transition », doit ouvrir la voie à une nouvelle organisation politique.
Selon Reuters, cette feuille de route est pensée comme un processus progressif, sans échéance publique, conditionné à l’évolution de la situation sur le terrain.
