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Sébastien Lecornu fustige des « postures cyniques partisanes » après les motions de censure de LFI et du RN

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  • Le gouvernement est confronté à une série de motions de censure après l’annonce d’un vote « contre » de la France sur le traité UE-Mercosur.
  • Sébastien Lecornu accuse LFI et le RN de postures partisanes qui fragilisent la position française et retardent les débats budgétaires.

   Le Premier ministre Sébastien Lecornu a dénoncé vendredi 9 janvier des « postures cyniques partisanes » qui « retardent les discussions budgétaires », après l’annonce de motions de censure de LFI et du RN sur le traité UE-Mercosur. Tandis que le gouvernement promet un vote « contre », l’opposition accuse Emmanuel Macron d’avoir laissé filer le dossier pendant des années et d’orchestrer un revirement tardif.

Lecornu revendique un « vote contre » et attaque l’opposition

 Le ton est monté d’un cran vendredi 9 janvier. Sur le réseau X, Sébastien Lecornu a ciblé les motions de censure promises par La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN), dénonçant des « postures cyniques partisanes » qui, selon lui, « retardent les discussions budgétaires ».

 Le chef du gouvernement a martelé que l’exécutif ne laisse planer aucune ambiguïté : « La France a une position claire sur le Mercosur : nous voterons contre, sans surprise », a-t-il écrit, estimant que le pays « mérite mieux que ces postures cyniques partisanes ». Avant de mettre en cause une stratégie politique, accusant ces formations de « choisir délibérément d’afficher des désaccords politiciens internes » et « d’affaiblir la voix de la France ».

Dans son message, Sébastien Lecornu avertit aussi des conséquences internes et externes : ces motions « retard(ent) encore les discussions budgétaires, déjà bloquées par les mêmes partis politiques sur fond d’agenda électoral, et envoie un très mauvais signal à l’étranger ».

LFI : « La France humiliée à Bruxelles… mais aussi à Washington »

 Vendredi matin, La France insoumise a effectivement déposé une motion de censure. Le texte dénonce le « piétinement » de la souveraineté populaire et du droit international, autant au sujet du traité de libre-échange UE-Mercosur que du Venezuela.

Les signataires visent directement Emmanuel Macron : « La France humiliée à Bruxelles mais aussi à Washington, voilà le bilan désastreux » du président, écrivent-ils. Une initiative annoncée par la cheffe des députés LFI Mathilde Panot sur X, la motion ayant été déposée de manière spontanée « en vertu de l’article 49.2 de la Constitution ».

LFI charge aussi le pouvoir sur la méthode et la constance : « Emmanuel Macron et ses gouvernements successifs ne se sont jamais donné les moyens d’empêcher l’adoption de cet accord [entre l’Union européenne et les pays du Mercosur] », estime le groupe, qui accuse le chef de l’État de s’être inscrit dans la continuité des négociations.

 « Depuis huit ans, Emmanuel Macron fait la promotion du Mercosur, refusant de prendre des mesures pour stopper ce traité de libre-échange qui menace notre agriculture, notre santé et notre environnement », arguent les députés insoumis.

 Bardella annonce la riposte du RN et dénonce une « mise en scène »

Le RN, lui, avait dégainé dès la veille. Jeudi 8 janvier, Jordan Bardella a affirmé que son parti déposera une motion de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, même si la France vote « contre » l’accord.

Pour le patron du RN, l’opposition affichée par l’Élysée arrive trop tard : « En prétendant aujourd’hui s’y opposer, après des années de négociations sans jamais défendre les intérêts français, il [Emmanuel Macron] tente une manœuvre de communication aussi tardive qu’hypocrite », a-t-il écrit sur X.

Jordan Bardella dénonce une « mise en scène » et une « trahison des agriculteurs français, qui subiront directement les conséquences de cet accord ». Et il promet une double offensive :

« Le Rassemblement national engagera donc deux motions de censure : à l’Assemblée nationale contre le gouvernement, au Parlement européen contre la Commission von der Leyen », a écrit Jordan Bardella

Des motions aux chances limitées, l’ombre du budget en toile de fond

 Malgré l’escalade, ces deux motions de censure n’ont cependant que peu de chances d’aboutir. À droite, le patron des Républicains Bruno Retailleau avait évoqué le « risque d’une censure », mais uniquement si Emmanuel Macron avait choisi de voter en faveur du texte.

Du côté du Parti socialiste, la menace reste conditionnelle et se déplace sur un autre terrain : c’est éventuellement sur le budget, en cas d’une « mauvaise copie » soumise à un 49.3, que le PS pourrait se joindre à une censure, selon son Premier secrétaire Olivier Faure.

Paris mise désormais sur le Parlement européen… et la Cour de justice

 Sur le fond, l’exécutif cherche encore une porte de sortie institutionnelle. Faute d’avoir réussi à bloquer le traité au niveau des États membres de l’UE, le gouvernement mise désormais sur le Parlement européen, en espérant qu’une majorité d’eurodéputés vote contre la ratification de l’accord ou décide de saisir la Cour européenne de justice, ce qui retarderait le processus de quelques mois.

Dans ce contexte, Emmanuel Macron a décidé de s’opposer officiellement à l’accord de libre-échange UE-Mercosur, selon des informations rapportées jeudi. Le président a justifié cette ligne sur X : « Si la diversification commerciale est nécessaire, le gain économique de l’accord UE-Mercosur sera limité pour la croissance française et européenne (+0,05% sur le PIB de l’UE à l’horizon 2040 selon la Commission). Il ne justifie pas d’exposer des filières agricoles sensibles et essentielles à notre souveraineté alimentaire ».

Une séquence politique explosive à Bruxelles et à Paris

Entre bras de fer institutionnel à Bruxelles et duel politique à l’Assemblée, le traité UE-Mercosur devient un marqueur de stratégie. Le gouvernement veut afficher un « non » ferme et reprendre la main sur le calendrier budgétaire. LFI et le RN, eux, transforment le dossier en vote sanction, persuadés que l’opposition à l’accord ne suffira pas à effacer des années de négociations.

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