- Des motions de censure annoncées par le RN et LFI sur le Mercosur doivent être examinées à l’Assemblée nationale entre mardi et mercredi.
- En cas d’adoption, l’exécutif prépare un scénario de démission suivie d’une dissolution, avec des législatives anticipées envisagées aux dates des municipales des 15 et 22 mars.
Si l’Assemblée nationale renverse le gouvernement cette semaine, l’Élysée et Matignon envisagent un scénario éclair : démission, dissolution, puis élections législatives anticipées organisées en même temps que les municipales des 15 et 22 mars. Dans le même temps, Sébastien Lecornu accuse RN et LFI de “postures cyniques partisanes”, tandis que Jean-Luc Mélenchon répond : “Nous n’avons pas peur de l’élection.”
Un scénario prêt : dissolution et législatives aux dates des municipales
Le compte à rebours est enclenché. Selon les éléments évoqués au sommet de l’État, une dissolution suivrait une censure si l’Assemblée adoptait l’une des motions annoncées sur le Mercosur. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a d’ailleurs donné instruction au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, de préparer l’organisation d’éventuelles élections législatives.
L’hypothèse privilégiée par l’exécutif est désormais clairement posée : un scrutin anticipé pourrait se tenir aux mêmes dates que les municipales, soit les 15 et 22 mars, afin de regrouper les deux tours.
“Il démissionnera, il y aura une dissolution” : l’exécutif assume la ligne dure
Les motions de censure doivent être examinées entre mardi et mercredi à l’Assemblée nationale. Et l’exécutif ne cache plus la suite possible, au sommet de l’État, si elles passaient.
“Si une des motions de censure venait à être adoptée, le chef du gouvernement démissionnera, il y aura une dissolution, et les deux tours de scrutin seront en même temps que les élections municipales”, a fait savoir une source au sein de l’exécutif auprès de l’AFP, ajoutant qu’Emmanuel Macron serait sur la même ligne.
Lecornu fustige RN et LFI : “postures cyniques partisanes” et budget retardé
Sur le fond, Sébastien Lecornu a choisi l’offensive politique. Vendredi matin, sur X, le Premier ministre a dénoncé des “postures cyniques partisanes” qui, selon lui, “retardent les discussions budgétaires” à l’Assemblée.
Il a également réaffirmé la position française sur le traité commercial : “La France a une position claire sur le Mercosur : nous voterons contre, sans surprise”, a-t-il écrit, accusant ces formations de “choisir délibérément d’afficher des désaccords politiciens internes” et “d’affaiblir la voix de la France” à l’étranger. Avant d’insister : ces motions “retard(ent) encore les discussions budgétaires, déjà bloquées par les mêmes partis politiques sur fond d’agenda électoral”.
Malgré l’opposition de Paris, l’accord avec les pays du Mercosur a été approuvé vendredi par une majorité de pays de l’Union européenne, selon les informations rapportées dans le texte de référence.
Mélenchon réplique : “Nous n’avons pas peur de l’élection”
Interrogé en marge d’un déplacement à Villeurbanne (Rhône), où il assistait aux vœux du député Gabriel Amard, Jean-Luc Mélenchon, chef de file de LFI, affirme : “Nous n’avons pas peur de l’élection”, a-t-il lancé, avant d’ajouter : “S’ils veulent le faire, qu’ils le fassent.” Et de conclure : “Si le Premier ministre croit qu’il nous menace, il se trompe (…) Pour nous, le vote populaire, ce n’est pas une menace.”
