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Loups, charges, aides : les annonces d’Annie Genevard pour soutenir l’élevage et les grandes cultures

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  • Vendredi 9 janvier à Paris, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a multiplié les annonces pour répondre à la colère d’une partie du monde agricole.
  • Au cœur du plan : le soutien aux éleveurs touchés par la dermatose nodulaire bovine (DNC), mais aussi des mesures sur les charges, les filières en difficulté et la régulation du loup.

   Indemnisations doublées, possibles ajustements du protocole d’abattage sous conditions, nouveaux crédits pour l’élevage, les grandes cultures et les plans “fruits et légumes” et “protéines” : Annie Genevard entend répondre à la crise sanitaire et aux difficultés de trésorerie. La ministre promet aussi d’accélérer des textes réglementaires et annonce +10% de tirs autorisés contre les loups.

DNC : un fonds doublé à 22 millions d’euros pour les animaux immobilisés

C’est la première annonce qui vise directement les exploitations frappées par les conséquences économiques de la DNC : Annie Genevard a promis le doublement à 22 millions d’euros du fonds d’indemnisation des éleveurs dont les animaux sont immobilisés en raison des mesures sanitaires.

Sur l’évolution de la stratégie de lutte, la ministre a également ouvert la voie à un possible ajustement du protocole d’abattage total des troupeaux dans lesquels la maladie est détectée. Un changement ne pourrait toutefois intervenir qu’en cas “d’immunité collective” après vaccination, et resterait conditionné à un “avis scientifique”.

La ministre a voulu appuyer l’idée d’une amélioration de la situation épidémiologique : “Depuis six jours, aucun nouveau foyer” de DNC “n’a été détecté en France”, a-t-elle déclaré. Avant d’ajouter : “Le virus recule grâce à la vaccination généralisée.”

Plus de 60 millions d’euros pour les filières “en difficulté”

Au-delà de la DNC, Annie Genevard a annoncé vouloir soutenir les secteurs agricoles les plus fragilisés. Elle cite notamment l’élevage et les grandes cultures, avec le déblocage de “un peu plus de 60 millions d’euros” pour les filières les plus “en difficulté”.

La ministre a également annoncé “l’augmentation” du fonds pour l’agriculture dans le sud de la France dans le cadre du plan Méditerranée, “pour amplifier la capacité d’adaptation” de plusieurs régions.

Autre volet : le plan dit “fruits et légumes” verra ses ressources augmenter, tout comme le dispositif pour les protéines, avec l’objectif affiché de renforcer la souveraineté française. Ces deux fonds bénéficieront de “30 millions d’euros” supplémentaires.

Revenu agricole : une mission pour “examiner la hausse des charges”

Pour améliorer le revenu des agriculteurs, Annie Genevard a insisté sur la nécessité de se concentrer sur les coûts supportés par les exploitants. Une mission d’inspection sera lancée afin d’“examiner la hausse des charges et sa justification”.

Dans le même mouvement, la ministre a promis une accélération des décrets de la loi visant à lever les entraves à l’exercice du métier d’agriculture, dite loi “Duplomb-Menonville”. Et elle a affiché une position offensive sur l’harmonisation européenne des règles :

Le gouvernement plaidera à Bruxelles pour que les produits phytosanitaires acceptés dans un pays le soient dans un autre. C’est là aussi du bon sens”, a-t-elle expliqué.

Loups : +10% de tirs autorisés et une régulation appelée à évoluer

Dernier sujet hautement sensible : la prédation. Face à la multiplication des attaques de troupeaux, Annie Genevard a annoncé que le nombre de tirs autorisés pour abattre des loups va “augmenter de 10%”, répondant à une revendication forte des éleveurs.

La ministre estime que le cadre actuel n’est plus adapté à l’évolution de la présence du prédateur : “Notre régime de régulation doit être revu et il le sera, car il n’est plus adapté au fait que le loup s’étend de plus en plus dans des territoires nouveaux et qu’il se multiplie.”

Selon des chiffres officiels publiés fin novembre, le nombre de loups en France est resté relativement stable en 2025, à 1 082 en moyenne, un total jugé sous-estimé par les éleveurs. Ces derniers réclament une augmentation du quota d’abattage annuel autorisé, fixé à 19% de la population estimée.

 

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